A Sandrine
On reconnaît
l'bonheur paraît-il au bruit qu'il fait quand il est loin,
c'est un vrai
poète qui a dit ça, pas l'dernier des crétins.
Y a comme un
grand bruit dans mon cœur, sitôt que j'm'éloigne de 10 pas,
voilà c'que
c'est d'croire au bonheur grand comme les monts d'l'Himalaya.
Le bonheur,
c'est vachement bizarre, ça s'attrape mal et quand on l'a
faut faire
bien gaffe à pas qui s'barre, qu'il nous laisse tout seul planté là.
Et quand on
croit l'avoir trouvé, y a toujours un os dans l'histoire,
qui se pointe
juste pour nous prouver qu'on a bien tort de trop y croire.
Le temps
d'une vie, c'est juste assez pour l'attendre quand y vient pas,
et puis
surtout pour regretter d'jamais passer au bon endroit.
On veux
toujours ce qu'on a pas, c'est le lot de tout un chacun;
on rêve tout
haut c'qu'on prie tout bas, on attend quelque chose ou quelqu'un.
La liste est
longue à l'encre noire, chiffonnée au fond d'un abîme,
de tous les
espoirs sans espoir qui s'amoncellent et qui m'dépriment.
De déceptions
en amertume, la vie nous file entre les mains;
dans de
grandes flammes elle se consume, aujourd'hui c'est déjà demain.
Et si une vie
ne m'suffit pas pour que je trouve le bon chemin,
j'en
utiliserais deux ou trois, j'me réincarnerais en chien,
ou tiens, en
cheval pourquoi pas, ou en voiture décapotable,
bref, en
presque n'importe quoi pour rendre le bonheur atteignable.
On reconnaît
le bonheur paraît-il au bruit qu'il fait quand il est loin,
c'est un vrai
poète qui a dit ça, pas l'dernier des crétins.
Y a comme un
grand bruit dans ma vie, j'entends même plus mon cœur qui bat;
faut croire
que l'bonheur est parti, et p't-être bien qu'il reviendra pas.